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Me voilà couchée sur un balcon sur le bord du fleuve dans le bas St-Laurent à regarder le ciel ensoleillé et me demander « ok, mais qu’est-ce que je fais maintenant? ».

Moi qui avais tant cru à cette relation amoureuse, je voyais bien que la fin arrivait à grand pas. J’avais pris la décision de quitter ma ville, mes amies et mon emploi que j’aimais, malgré le fait que rien n’était parfait, pour rejoindre mon amoureux dans sa région à lui. Comme Yvon Dallaire mentionne, il se cache derrière chaque princesse, une sorcière et derrière chaque prince un crapaud. Et oui, mon conte de fée avait passé du château à un beau marécage.

Mais qu’est-ce que je fais maintenant? J’étais déjà déracinée de ma région. Ma vie était une page blanche. Je pouvais créer ce que je voulais. Je pense que dans la vie, nous sommes un peu mal fait. Une fille qui a les cheveux plats, aimerait les avoir frisés, une fille qui a les cheveux frisés voudrait les avoir plat. Une personne célibataire envie les personnes en couple et les gens en couple envient la liberté des gens célibataires. Les gens avec plusieurs engagements admirent la liberté de certains et les gens libres et devant une page blanche admirent les gens qui sont engagés, stable et qui ne semblent pas se poser de questions existentielles!

Ma passion, c’est la danse. Je suis une passionnée de la danse africaine. J’ai eu la chance d’habiter en Afrique pendant près de 5 ans. Danser avec la musique de djembé « live » apporte un côté humain à cette passion. Je me souviendrai toujours d’un soir en Afrique, j’étais dans une boîte de nuit et je regardais les africaines danser et je me disais « wow ». Tout semblait si facile pour elles de danser ainsi quand pour moi j’avais vraiment l’air d’un robot. À mon retour au Québec, j’ai pris la décision de prendre des cours. Le professeur commençait à montrer des mouvements et j’ai compris que derrière les mouvements de bases de cette danse, se cache un sens. Chaque mouvement est relié à un mouvement du quotidien. Il ne me restait plus qu’à apprendre et mettre des heures et des heures pour avoir de la coordination! Aller dans une salle de gym, c’est pour moi un fardeau. Par contre, faire 3h de route pour effectuer 1h30 de danse africaine auprès de professionnelles à Montréal, c’est un plaisir.

Je reviens à la réalité, me voilà couchée sur un balcon sur le bord du fleuve dans le bas St-Laurent à regarder le ciel ensoleillé et à me demander « ok, mais qu’est-ce que je fais maintenant? ». Je suis séparée, je suis devant une page blanche. Une page blanche ça fout la frousse. Comment allais-je orienter mes nouveaux choix de vie. Ok, ce n’est pas clair ce que je veux faire, mais chose certaine j’adore la danse africaine. C’est plus qu’un plaisir, c’est une discipline. J’aime faire la danse africaine, me surpasser et apprendre. Ça y est, en regardant le fleuve je me dis ok, go je déménage à Montréal. Si on me posait la question, la seule et unique raison pour laquelle je voulais déménager dans cette grande ville, c’était pour faire ma passion.

Je ne savais pas du tout quel type d’emploi m’attendait, mais chose certaine j’y allais pour pratiquer ma passion 3x par semaine auprès de professionnels. Nul besoin de vous partager la personne qui m’a le plus sévèrement traité d’irresponsable, c’était moi-même. Comment puis-je déménager sans avoir été engagée par un employeur? Il me semble que je faisais tout à l’envers selon la norme. Comme mon père me dirait, avant de quitter une job, on doit d’abord avoir un autre emploi. Après on annonce notre départ et après on déménage au besoin.

Bravo Catherine, moi je laisse guider ma passion au lieu de la raison. Je décide de déménager dans une ville sans même avoir d’emploi! Je suis sur le bord du fleuve, j’ai subitement un flash que mon amie Mélanie qui habite à Montréal dans un 3 et demi quitte pour 1 mois en voyage d’affaires. Elle accepte à volontiers que je puisse vivre chez-elle pendant son absence.

Ce qui me rendait le plus inconfortable était le jugement des autres. Qu’allais-je dire pour ne pas paraitre pour une extra-terrestre quand moi-même j’écoutais ma voix sans trop savoir ce qui m’attendait. C’est fou comment ce vide, ce silence et ce lâcher prise est si paralysant et si énergisant à la fois.

La vie nous prend souvent par surprise. Je suis chez mon amie, devant son ordinateur. Je dois me trouver un logement. Par où commencer? Je me mets à pleurer devant l’écran. Mon rêve étant d’avoir ma propre petite famille et me voilà à la fin vingtaine à chercher sur kijiji une colocataire. Je voulais bien faire confiance en la vie, mais j’étais découragée. Je dois avouer que je viens de l’Estrie et qu’aller habiter dans la grande ville me faisait peur. Et surtout, je me demandais sur quel genre de colocataire allais-je tomber? Qui se cherche une coloc au mois de mai? Quelle extraterrestre comme moi avait besoin de se trouver une personne avec qui habiter?

Sur le site de recherches, je tombe finalement sur une image d’un beau chien blanc dans un salon et l’image m’inspire confiance. Je prends rendez-vous pour visiter le logement. Je sonne, je me présente. Je regarde la personne et avant même de prendre le temps de visiter les lieux, nous réalisons que nous effectuons le même métier. Il doit y avoir anguille sous roche, par la suite avec mon air d’inspectrice je lui demande ce qu’il l’amène à être à la recherche d’une colocataire à ce moment-ci de l’année? Elle me répond les yeux rivés vers le sol qu’elle vient tout juste de se séparer. Wow, une personne normale ou une extraterrestre comme moi, j’adore!

Je me remémorais encore assise devant le fleuve, me demandant « Qu’est-ce que je fais maintenant ? », le cœur vidé, le moral à terre, les larmes aux yeux. J’avais pitié de moi et j’en voulais à la vie. Finalement, cette belle page blanche a laissé place à un incroyable chapitre de ma vie. J’ai donc finalement habité avec une colocataire qui est devenue une bonne amie, j’ai fait de la danse africaine comme jamais, j’ai commencé des cours de gumboots (nouvelle passion), j’ai fait des spectacles et je me suis trouvé un emploi pour le gouvernement dans mon domaine. Wow, un autre rêve de petite fille. Prendre le temps de me préparer, de m’habiller chic pour le travail et me lever le matin pour aller aider. Mon métier d’intervenante, je l’aime. J’aime aider les gens, j’aime l’humain et j’aime la vie. J’avais une équipe de travail que j’aimais et mes patronnes étaient des femmes très inspirantes. Avoir des modèles de gens passionnés pour avancer professionnellement, c’est un essentiel.

Quand j’avais 19 ans, je lisais beaucoup de livres sur la croissance personnelle et j’aimais particulièrement une auteure. Je me souviens avoir dit qu’un jour j’aimerais rencontrer cette personne qui était très inspirante à mes yeux. Je suis une voyageuse, en plus d’avoir eu la chance d’habiter 5 ans en Afrique, je caressais le rêve de voyager en Inde un jour. Tout bonnement, pendant mon séjour à Montréal j’apprends que cette écrivaine effectuait un voyage organisé en Inde dans les prochains mois. Wow, je n’arrive pas à y croire. C’était pour moi un rêve devenu réalité. Dès cet instant, je contactai la personne responsable pour m’inscrire.

Entre temps, je commençais à vivre un certain inconfort inexplicable. J’avais un emploi que j’aimais, j’avais un bon réseau d’amis, ma vie était équilibrée, je m’étais bien adaptée à ma nouvelle vie. Par contre, je sentais que je devais retourner à mes racines en Estrie. Je ne comprenais pas pourquoi, car je faisais des spectacles de danse et j’adorais cette belle adrénaline et particulièrement cette école. Bon, l’extraterrestre en moi faisait à nouveau surface. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas de raison valable comme un meilleur emploi qui m’attend, mais je dois partir. Quand j’explique à ma patronne que je dois quitter, elle m’annonce qu’elle veut m’offrir un poste dans l’équipe. Elle est prête à faire beaucoup. J’avoue que lorsque le seul argument que je sais clairement, c’est que je dois retourner à mes racines sans trop savoir pourquoi, c’est facile de vouloir me faire changer d’idée. Je suis déchirée entre ma tête et ma petite voix. Comme dirait une chanson de Patrick Bourgois : « Je sais qu’il me faut suivre, cette voix que j’entends, cette voix qui me brise mais qui jamais me ment ».

Vais-je enfin finir par être stable? Encore une fois, je ne comprends pas trop cette petite voix. Oui, rien n’était parfait car heureusement rien n’est parfait, mais je me considérais bien dans mes choix de vie. Encore une fois, je laissais ma petite voix me guider. Sur le coup ce n’est jamais drôle se fier à une petite voix et replonger vers l’inconnu. À l’étranger, lorsque je suis en voyage et que je vis des aventures vers l’inconnu, c’est toujours agréable et je me sens fébrile et légère. Par contre, me demander de plonger dans l’inconnu à partir de ma propre zone de confort, c’est-à-dire chez-soi au Québec, c’est toujours stressant et déstabilisant. Un, deux, trois go, je quitte un emploi sécurisant au gouvernement en demandant une année sans solde pour écouter cette petite voix qui me demande de retourner à mes racines en Estrie.

Je me trouve un logement que j’aime de tout cœur et je reçois un appel de mon ancien employeur, celui que j’avais quitté à l’époque pour aller habiter avec mon ex-amoureux sur le bord du fleuve. Cet ancien employeur me demanda si j’aimerais remplacer mon ancienne patronne. Wow, j’ai la chance de devenir responsable et de diriger une équipe de travail dans une école, je suis très heureuse de ce beau défi professionnel. Je dis oui le cœur très heureux! Confirmé, je commencerai dès mon retour de l’Inde. Une fois déménagée en Estrie, j’apprends que l’unique raison qui me gardait à Montréal à l’époque, c’est-à-dire mon école de danse, fermait finalement ses portes définitivement sans aucune raison. Une nouvelle qui me confirmait que j’avais finalement très bien fait de revenir à mes racines en Estrie.

 

Aéroport Pierre Eliot Trudeau

Mes parents viennent me reconduire pour ce départ si attendu vers l’Inde. J’ai une belle relation avec mes parents, rien n’est parfait et heureusement que rien n’est parfait. Je retiens d’eux ce côté aventureux. Mon père a longtemps travaillé à l’étranger. Il revenait justement d’un contrat en Afrique. Mes parents étaient heureux pour moi de voir que je réalisais un rêve. Ils voyaient probablement de mes yeux que ce pays qui m’inspirait tellement, sans réellement savoir pourquoi. Mes parents me font un grand sourire et me disent au revoir juste avant que je franchisse le contrôle de sécurité pour aller rejoindre ma porte d’embarquement.

C’est partir mon kiki! Wow, je rencontre l’écrivaine québécoise qui m’inspire tant dans un concept de voyage. Je ne réalise même pas encore à quel point la vie me donne un cadeau de rêve! J’ai eu la chance de rencontrer des amis en or. La sérénité et la paix intérieure que m’a procuré ce séjour en Inde est indescriptible. Quelques jours après notre arrivée, une activité culturelle surprise était prévue. L’organisatrice du voyage vient rencontrer le groupe dans une grande salle dans le Hilton à New Delhi. Elle nous mentionne d’aller vite à notre chambre. Des vêtements traditionnels nous attendent sur notre lit et nos habilleuses nous attendent.

Wow, quel rêve de femme! Toute femme rêve un jour d’avoir une styliste ou une habilleuse! Je cours à toute vitesse chercher mon habillement. La frénésie est dans l’air! J’ai vite compris la raison pour laquelle nous avions des habilleuses. Si vous saviez à quel point c’est un art de se vêtir de ces beaux costumes traditionnels indiens! Le tissu est vraiment très long ! Se déplacer ainsi vêtue n’est vraiment pas facile non plus. Lorsque je voyais des femmes en moto avec cet habillement, elles avaient toute mon admiration. Je suis donc à la réception avec mes nouveaux amies et je me demande bien ce qui nous attend.

Nous sommes trois autobus à partir vers l’inconnu, habillées en costumes traditionnels indiens. Arrivées sur les lieux, il fait noir comme chez le loup. Nous ne voyons rien. Par contre, je vois par la faible lueur des hommes tenir des chameaux. 1, 2, 3 et Go Bang ! Les lumières s’allument comme dans un film et la musique traditionnelle se fait entendre. Nous étions finalement devant un grand palais Indien. Une vraie soirée de princesse comme je ne l’avais jamais imaginée.

Le lendemain matin à 5h, j’étais fraîche et dispose pour effectuer un cours de yoga avec un maitre yogi. Je remerciais à tous les jours la vie pour ce merveilleux cadeau. J’ai eu la chance de faire des ateliers avec l’écrivaine pour qui j’avais une grande admiration. Je repartais de ce voyage avec la conviction que dans la vie, tout arrive pour une raison et il faut faire confiance. Je me sentais en harmonie avec moi-même. Je venais d’ancrer en moi qu’il n’y a pas de hasard.

Lors de mon inscription pour le voyage, il y avait la possibilité de prolonger le voyage pour aller au Népal. Je ne sais pas pourquoi mais à ce moment précis ma petite voix me disait de ne pas y aller. J’étais fâchée après moi-même, « voyons ça n’a pas de sens, pourquoi je n’y vais pas ? ». J’étais fâchée à l’intérieur de moi comme un parent qui dit non à un enfant. J’ai finalement écouté cette petite voix qui me disait de ne pas y aller, même si c’était loin de faire mon affaire. Le voyage tirait à sa fin. Lorsque j’ai vu le groupe qui poursuivait ce merveilleux voyage vers le Népal, j’étais très déçue de ne pas avoir décidé de me joindre à eux.

De retour à l’aéroport de Montréal, mes parents viennent me chercher. Pour ceux qui me connaissent, j’aime parler, je parle vite et j’aime raconter mes histoires en détail. J’étais très heureuse de partager avec eux mon bonheur. Je réalise en cours de route qu’il y a quelque chose qui ne va pas, mes parents ne sont pas comme d’habitude. Je demande ce qu’il se passe. Ma mère incapable de parler, mon père m’annonce que ma mère a été à l’hôpital pendant mon séjour en Inde. Elle a eu très mal au ventre. Ils vont avoir les résultats dans deux jours. Ma mère à l’hôpital ? Je trouve cela très étrange, mais en même temps elle est dans la soixantaine, je me dis que c’est sûrement normal. Je demande à mes parents si je peux les accompagner au rendez-vous. Ils acceptent.

À l’épicerie, une dame m’arrête pour me dire à quel point que je rayonne. J’avais été cherché une force intérieure et une belle sérénité. J’étais heureuse de ce beau voyage et j’avais hâte de commencer mon nouveau défi professionnel en tant que directrice d’école.

« Madame Jacques, je vous prierais de me suivre ». Bon, ça y est! Nous allons avoir les résultats. Nous n’avons pas le temps d’enlever nos manteaux que le médecin nous annonce que ma mère a le cancer. Silence. Vide. Sans mot. Choc TOTAL. Félicitations à la personne qui a réalisée la publicité qu’on voit parfois à la télévision. Celle où une famille reçoit un coup de bâton de baseball au visage en apprenant la nouvelle du cauchemar cancéreux. C’est exactement la même sensation. La vie osait venir me chercher la personne que j’aime le plus au monde? J’avais mille et un scénarios dans ma tête.

Le médecin parle mais j’entends une voix embrouillée comme dans les films. On dirait qu’il parle très lentement. Je n’entends pas les mots. Je suis complètement ailleurs. Il nous annonce qu’elle a le cancer du foie et qu’il va nous prévenir lorsqu’il lui restera environ une semaine à vivre. Quoi! Une semaine? Je vais bientôt apprendre qu’il restera une semaine à ma mère pour vivre? En lune fraction de seconde je deviens en colère, enragée, triste, ébranlée par les évènements. J’ai de la colère, mais contre qui? En l’espace d’une semaine, j’ai réalisé le rêve de ma vie et je vis mon pire cauchemar? Il n’y a rien à comprendre, quel contraste incroyable. Mon père, mon frère et moi allons accompagner ma mère dans ce combat. Je réalise que rien n’arrive pour rien. Je devais être au Népal à ce moment et si la vie m’avait donné le choix entre voyager ou d’être auprès de ma mère, la réponse aurait été simple. MERCI petite voix.

J’avais de la difficulté à réaliser ce qui se passait. Les jours avançaient et la santé de ma mère ne s’améliorait pas. Son corps n’a pas bien réagi à la chimiothérapie, elle dû arrêter les traitements après avoir perdu tous ses cheveux. La relation avec ma mère était si précieuse. J’étais paniquée à l’idée de perdre la personne la plus précieuse de ma vie. Entre-temps, j’arrive au bureau de ma patronne en larmes et je lui dis merci de m’avoir choisie mais qu’il sera impossible pour moi d’exercer des fonctions en tant que responsable et gestionnaire d’une équipe quand je suis ébranlée à ce point par les évènements. Elle me regarde avec un sourire réconfortant et elle me confirme encore que je suis la bonne personne pour occuper ce poste et que ça va me fera du bien de retourner travailler dans ce milieu. Je voyage entre mon travail et la maison de mes parents pour passer le plus de temps possible avec ma mère et pour permettre à mon père de se reposer. Mon père prend bien soin de ma mère. Ils sont une belle équipe et malgré cette épreuve indescriptible, je les sens heureux. Ma mère est déterminée à gagner ce combat, elle veut vivre.

Mon père me téléphone et me dit qu’il veut nous rencontrer moi et mon frère à la maison. Ça y est, ça doit être parce qu’il reste une semaine. Je téléphone mon frère, nous nous supportons en se disant que ça va bien aller. Je me revois encore assise sur le divan au sous-sol. Mon père dit des niaiseries, ma mère n’est pas capable de parler et je suis grandement stressée. Ma mère avec un corps très maigre regarde mon père et lui dit: « Allez, tu peux le dire». Les 3 secondes de silence me parurent comme trois heures. Mon père nous annonce qu’il vient d’apprendre qu’il a lui également le cancer. Silence. Vide. Sans mot. Choc TOTAL. Félicitations à la personne qui a réalisé cette publicité télévisée de la famille qui reçoit un bâton de baseball au visage. C’est exactement la même sensation. Par contre, je m’attendais à voir le coup venir au visage, je n’avais aucunement vu venir ce coup dans le dos. Mes deux parents qui ont le cancer!

Je vois la fin pour ma mère arriver, le temps est compté. Je vis un cauchemar, mais nous vivons de beaux moments précieux remplis d’amour. Je suis incapable de penser au passé, car la tristesse m’envahit. Je suis incapable de regarder le futur car la fin arrive à grand pas. Je ne peux vivre qu’au moment présent. C’est ce que j’ai aussi appris en Inde, que le bonheur est au moment présent. J’allais dormir à ses côtés à la maison de fin de vie. J’ai le cœur heureux d’avoir passé tous ces moments précieux à ses côtés et je n’ai aucun regret. La vie est un cadeau qui passe très vite. J’ai pu accompagner ma mère avec ma famille jusqu’à son dernier souffle. Ça y était. Le moment tant craint de perdre ma mère était arrivé. Je suis sans mot. J’étais triste, fâchée, en colère, je vivais plusieurs émotions que je n’étais pas capable d’identifier.

Suite à la mort de ma mère, je suis allée rejoindre mon père à la maison. Il m’offrit une toast au beurre d’arachide. À mes yeux, il n’y a pas plus comfort food sur la planète ! Par contre, le goût de terre ne provenait pas du beurre d’arachide naturel mais du pain moisi à sa pleine capacité! Ouach! Je comprenais que dans les dernières semaines, il n’avait pas du tout eu le temps de faire l’épicerie. Je n’étais vraiment pas de bonne humeur. Surtout qu’il riait de la situation. Mon chat se mit à jouer au même moment avec un petit papier. Je le regardais en me demandant pourquoi il agissait ainsi. Je continuais à exprimer à mon père mon mécontentement. Mon chat qui n’avait plus l’âge de jouer aussi activement, n’arrêtait pas de faire du bruit avec ce satané papier. C’était un papier de bonbon écrit « Merci ». Wow, ça m’a complètement désamorcée. J’étais figée. J’avais l’impression que c’était ma mère qui me ramenait vers l’essentiel et qui voulait nous dire MERCI pour tout. J’ai compris à ce moment, qu’elle était pour être présente à sa façon.

Le temps passa et la tristesse était présente. Mais je réalisai que malgré l’absence physique, l’amour était encore là. Suite à sa mort, je me suis dit que j’avais deux choix. Soit que je laissais tout tomber ou que je prenais ma vie en main. Je décidai de vivre pleinement ma vie. En L’honneur de ma mère, je décidai de vivre ma vie de rêve, de trouver ma recette du bonheur et de profiter des beaux cadeaux de la vie.

Entre-temps, mon père avait eu des traitements pour son cancer et avait eu comme résultats que sa santé était bonne. Quelle bonne nouvelle!

Bon, je choisis d’être heureuse. Nous avons tous notre recette du bonheur. Mais quelle est ma recette à moi ? Je suis une passionnée de la lecture. J’ai eu la bonheur de lire Le safari de la vie. Ce livre explique que nous n’avons pas à réinventer la roue. Il suffit de s’inspirer des gens que nous admirons et de ne pas hésiter à les rencontrer.

Aux grands mots, les grands moyens. Il y avait une personnalité publique et conférencière que j’admirais pour toutes les connaissances qu’elle possède et sa façon de nous vulgariser cette information. Je vis sur les réseaux sociaux qu’elle allait donner une conférence lors d’un gros congrès. « Ça y est, c’est ma chance! ». Lors de sa conférence, je rencontrai une amie avec qui j’avais fait des spectacles de danse africaine à Montréal. Elle me demanda la raison de ma présence. Je pointai la personnalité publique et je lui annonçai que je venais donner mon nom afin de travailler pour elle. Encore une fois, je vivais un moment d’extraterrestre et je m’en foutais. J’eus finalement la chance de rencontrer celle que j’admirais et elle fut d’une gentillesse incroyable. Elle me demanda même mes coordonnées. Je lui remis donc mon curriculum vitae. Je me voyais tellement travailler avec elle et son équipe. Par contre, lorsque je visitais son site internet, je voyais bien que personne n’effectuait ma profession. Finalement, une semaine plus tard, je recevais un courriel me demandant si je désirais effectuer une conférence en collaboration avec son équipe. Nul besoin de vous dire que j’ai immédiatement dit: «OUI»!

Lors de ma deuxième conférence, on me demanda d’aller les rencontrer à ses bureaux. J’étais très heureuse, fébrile et je me sentais vraiment à ma place. Je remerciais la vie pour ce beau moment. Ce moment fut magique et je compris que je faisais de bons choix de vie en combinant ce nouveau métier de conférencière à celui de directrice d’école.

Cela fait maintenant près de trois ans que j’occupe un poste de directrice mais je commence déjà à vivre un nouvel inconfort. Ma tête me dit que je suis heureuse d’avoir de si belles responsabilités à mon âge et mon côté extraterrestre commence à me dire qu’il est temps que je quitte ce poste. Un beau combat entre ma tête et mon cœur qui s’étire sur quelques mois. Je finis finalement par enfin écouter mon cœur sans avoir aucune raison valable rationnellement. En fin d’année scolaire, j’annonce ma démission sans avoir un autre emploi. Je ne peux même pas appuyer ma décision sur le fait que j’ai trouvé un emploi «meilleur » aux yeux de la société. J’ai à cœur de devenir conférencière et de partager mes connaissances. Je fais confiance à la vie, c’est tout. Je commence à réaliser que de ramer à contre-courant dans une société qui valorise la réalisation professionnelle selon la sécurité financière est un véritable combat en moi. Je me sens comme une citoyenne normale. Je cherche simplement à combiner la réalisation personnelle et professionnelle à la fois. Je crois en cette combinaison gagnante. Il est important de bien apprivoiser son extraterrestre intérieur, car cette partie en nous que nous accusons, rejetons et abandonnons trop souvent, c’est notre cœur qui nous indique le chemin à suivre pour être heureux. Je suis maintenant ouverte et réceptive à m’ouvrir à ma nouvelle vie.

Dans un livre de Christine Michaud, celle-ci mentionne qu’il faut accorder une attention particulière à nos photos d’enfance. Qu’il y a bien souvent, plusieurs indices de ce qui nous rend heureux et ce, même rendu à l’âge adulte. J’ai réalisé, qu’enfant, j’avais comme rêve de devenir optométriste pour aider les gens à voir. En sortant du secondaire, j’avais entrepris des études en travail social, en psychologie et en communication. J’ai eu un sourire en coin lorsque j’ai finalement réalisé qu’effectivement, notre cœur d’enfant sait bien des choses. Aujourd’hui, mon objectif est d’aider les gens à mieux voir ce qui se cache en eux en partageant mes connaissances tant personnelles que professionnelles!

Récemment, j’étais conduisais sur la route et j’entendis à la radio une entrevue avec l’auteur du livre « Sorties de zone ». Wow, un extraterrestre comme moi qui prônait le fait d’écouter notre intuition et de ne pas avoir peur d’oser. J’ai eu la chance de lire son livre, un vrai don de soi. MERCI Daniel pour m’avoir fait comprendre que je ne suis pas la seule extraterrestre. Nous avons tous un petit extraterrestre en nous. Il suffit de l’apprivoiser et d’être sensible aux sorties de route qu’il nous indique de prendre.

Catherine Bureau

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